Claire, Ariane, et voici Blanche


À un moment il y a eu Blanche. Oh, je sentais bien qu'elle rôdait, qu'elle s'approchait, et que j'allais vers elle, il y avait si longtemps que je me demandais ce que j'allais faire d'elle, car n'est-ce pas elle avait toujours été là, éparpillée dans des pages inachevées, des bouts de n'importe quoi.

Le moment précis lui, je le connais, ce moment où je me suis dit elle pourrait s'appeler Blanche. C'était une nuit, tard dans la nuit, Nathan était au Maroc depuis trois semaines, il allait revenir. J'avais prévu d'achever le premier livre d'une autobiographie dans laquelle j'avais fini par me lancer. L'histoire de Nathan était à l'escale. Et je ne voyais pas comment j'allais pouvoir m'y remettre. Quelque chose n'allait pas, depuis le début, presque. Là-dedans, si Nathan faisait l'affaire, je veux dire, le personnage de Nathan, celui de sa belle m'échappait complètement. Je savais surtout que la belle, telle que Nathan me la présentait n'était pas celle sur laquelle j'avais envie d'écrire. C'est avec elle que ça foirait. Je ne voyais pas ce que j'avais à en dire au-delà des clichés que me présentait Nathan. Peut-être était-ce à cause du prénom. Nathan avait choisi Aimée pour ce récit. Aimée, je vous demande un peu ! Un roman d'amour où l'héroïne s'appellerait Aimée, qui y croirait ? En tout cas, ça ne m'allait pas du tout, mais alors pas du tout, Aimée. J'avais essayé avec Bérénice, Kitty, Claire, et rien, quelque chose clochait. Pas si facile que cela le choix des prénoms pour un roman, un peu comme pour le choix de vos enfants, vous voyez.



Photo : DEB

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