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23 octobre 2007
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- Eric
Fottorino
- Baisers
de cinéma
- Gallimard
- 190 pages
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- par
Dominique-Emmanuel Blanchard
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- Je
viens de le finir. Il maura fallu deux semaines. Cest
dire si jai ramé vers la fin !
- Pourtant
ça commence bien. Classe. Le narrateur est le fils dun
photographe de plateau de cinéma. Peut-être même
éclairagiste. Pour Truffaut, entre autres. Le narrateur,
bien sûr habite Paris. Il est quelque chose comme avocat,
enfin, un truc comme ça, on ne sait pas très bien
parce que lauteur on sent quil sen fout de
lui donner un métier à son personnage. Pourvu que
ce ne soit pas boucher, ou garagiste. Il a dû penser à
en faire un écrivain ou journaliste mais sans doute quil
a dû penser que les romans avec des écrivains ça
commencer à gonfler un max.
- Le
père vient de mourir sans avoir révélé
à son fils lidentité de sa mère. Alors
le fils se demande sil nest pas le fils de Romy Schneider,
de Catherine Deneuve ou de Delphine Seyrig
- Jai
pensé que ça pouvait être le fils de la divine,
la sublime, la merveilleuse Delphine car le narrateur rencontre
une femme très fragile, très pâle qui sappelle
Ginette
Je plaisante : vous imaginez un roman classe avec
lhéroïne qui sappellerait Ginette.
- Cest
duraille le choix des prénoms : et chez Duras (puisque
jai fait là un subtil jeu de mots que vous navez
pas manqué de remarquer avec duraille
) chez Duras
non plus il ny a pas de Ginette - pourtant jen ai
connu moi une Ginette, et que je vous assure que je leur laisse
moi les Aurélia et autres Mayliss
- Mayliss.
Cest le prénom que rencontre le narrateur de Baisers
de cinéma
Dans un cinéma, à midi,
où lon donne de vieux films de la Nouvelle vague.
Elle sappelle Mayliss (bien prononcer le ï, comme
dans maïs) elle est très mariée, très
parfumée (Jardins de Bagatelle ça sappelle
le parfum). Et elle en imprègne tout de son parfum la
Mayliss. Même les tranches de livres (parce quon
fréquente beaucoup les vieilles libraires, les bouquinistes
dans ces livres-là, pas les Lidl ou Auchan) enfin y a
son parfum partout. Et ça dure, ça dure : couchera
? couchera pas ? Eh bien si : ils couchent. Alors Mayliss on
dira quelle est interprète (on sen fout, tout
comme la profession du narrateur, cest juste pour quelle
ait une occupation cette femme-là). De temps en temps
elle voyage. Ah, joubliais, le narrateur habite le quartier
Montparnasse. Il vit tout seul.
- Bon,
je remets un peu daordre (après avoir feuilleté
le livre) le narrateur sappelle Gilles (page 29, notez
bien parce que je crois bien quil nest plus jamais
fait mention de son prénom dans le livre) et le film où
il rencontre Mayliss sappelle Les Trois Luxembourgs (ça
existe ?) et le film cest Ma nuit chez Maud. Non, cest
pas au resto quil la rencontre, cest après,
juste avant daller à son enterrement Gilles a faim
et il entre dans un restaurant qui sappelle Les banquettes
rouges (ça existe ?) du côté de la rue Monsieur-le-Prince.
- Quand
ils se rencontrent dans ce restaurant Mayliss commande un thé
brûlant et Gilles une carafe deau avec beaucoup de
glaçons. Elle (Mayliss) était très
belle et très blessée, écrit le narrateur.
- Voilà,
après ils sont tout le temps au bistrot ou à voir
des films. Ou au restaurant comme le Flore en lÎle
(ça existe ?) On apprend que Mayliss aime Mahler (quelle
prononce comme moi : mahleur) la symphonie n°6 (pas la meilleure
pourtant).
- Elle
téléphone Mayliss. Pour dire quelle ne viendra
pas. Et lui, pendant ce temps-là, il ne fout rien. Va
même pas bosser (il a un patron qui nest pas vraiment
un patron et qui lui dit en gros : Ecoute, viens quand
tu veux, repose-toi etc.
- Mayliss
et Gilles se retrouvent aussi à la Maison romantique
Ils se baladent aussi. Mayliss foudroyait le temps, quand
nous étions ensemble écrit bizarrement le
narrateur, parce que pour moi quelque chose qui est foudroyé
cest quelque chose qui est désormais figé
Bon, il y a des bonheurs décriture quon raté
que voulez-vous, même chez Proust il y a des phrases ridicules.
- Jimagine
que pour un parisien ce doit être un régal un livre
comme ça qui tient du guide touristique un peu suranné.
- Et
quand ils quittent Paris nos personnages, où croyez-vous
quils se rendent ? A Triffouillis-les-Oies ? Allez, cherchez,
allez, mais oui, cest ça : Cabourg. Et où
à Cabourg, mais oui, au Grand Hôtel. Là,
on est en plein dans Un homme et une femme, ce que ne manque
pas de souligner lauteur qui, quand même, se doute
quon a vu le film
Et bien sûr, cest désert
le bar du Grand Hôtel, ben voyons, et il y a un piano,
et une serveuse qui est fascinée par Mayliss
Encore
un cliché ? Le piano. Mayliss au piano (page 75) : Enfin
le temps sarrêta (le côté proustien
du roman naura échappé à personne.
Mayliss ondulait au-dessus du clavier. texto : elle ondulait
au-dessus du piano (je suppose que ce sont les mains qui ondulaient).
- Je
ne vais pas faire tout le roman. Quoi que jen aie dit,
ce nest pas déshonorant un livre comme ça.
Chicos, un peu chichiteux mais il y a des très belles
choses sur la notion de lumière en photo, il y a plein
de titres de films
- Bon,
la fin du livre est franchement tarte, et pour tout dire bâclée..
- Comme
ce papier en somme
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